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mardi 20 février 2007 Un toutou, une p’tite poupée ou un bébé ?
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Mouais... Il paraît que cet instinct se retrouve chez tous les êtres vivants. La plupart des femmes ressentent un désir violent, irrépressible d’avoir un enfant, dit-on. Les hommes, comme les femmes, voudraient se reproduire, se prolonger. Quelle que soit notre orientation sexuelle, l’appel apparaît souvent irrépressible. Le désir est tout aussi intense. Pourquoi ce désir si puissant ? Mère Nature est gardienne de la vie. Voilà maintenant que les nouvelles technologies de reproduction offrent à toutes et tous, je dis bien toutes et tous, mort-es ou vivant-es, la possibilité de concevoir des enfants. En Israël, une certaine Madame Cohen, mère de Kevan, attend qu’on insémine une jeune femme qu’elle a choisie (en passant une série d’entrevues) pour porter l’enfant de son fils, mort, il y a cinq ans, à la guerre. Quand elle a appris le décès de son fils qui a sauté sur une mine, elle a demandé que l’on prélève son sperme parce qu’elle savait, dit-elle, que son fils aurait voulu ardemment avoir des enfants. La cour doit statuer sur ce cas. En décembre de cette année (2006), toujours en Israël, une femme de 63 ans a donné naissance à des jumeaux. Elle avait reçu un traitement contre l’infertilité au cours de la même année. Son médecin, interrogé à son sujet, mentionne qu’elle lui avait menti à propos de son âge. Les enfants sont nés en bonne santé. La mère se porte bien. Elle aura 83 ans quand les jumeaux auront 20 ans. Est-ce acceptable ? Je ne sais pas. J’ai connu une jeune femme qui a, un jour, décidé d’avoir un enfant. Toute seule. Elle est allée danser dans une discothèque un soir d’ovulation, a rencontré un homme qui lui a plu et a commis la chose. Neuf mois plus tard... Il y a de cela une vingtaine d’années. Le père ne le sait toujours pas. Est-ce acceptable ? Un enfant ne vient-il pas génétiquement de deux sexes différents ? Le père n’est-il pas en droit de savoir qu’il a engendré ? Certains pères, me direz-vous, ayant su, ont refusé. Eh oui, voilà une autre situation. On peut aussi acheter des ovules et ensuite se les faire implanter après les avoir faits inséminer en faisant affaire avec une banque de sperme.* À qui est l’enfant ? Qui est-il ? Les liens génétiques n’ont-ils plus aucune importance ? Le clonage semble encore au stade des recherches fondamentales, quoiqu’en dise notre ami Raël, mais la possibilité de vous répliquer existe potentiellement. Les brebis, les chiens et autres animaux ont montré l’efficacité de cette technique. Autre sujet de polémique. Est-il acceptable de permettre à tous-tes d’avoir des enfants ? À moi, il me semble que non. Je suis bien d’accord à ce qu’on aide les individus qui ont besoin d’un petit coup de pouce (hum...), mais il me semble y avoir des limites. La nature a choisi elle-même de mettre fin au cycle reproducteur de la femme aux environs de 51 ans (en moyenne) et je fais confiance à la Nature. Elle est sage et elle a ses raisons que notre raison ne connaît pas. Un homme mort depuis cinq ans ne peut désirer un enfant, ne peut l’élever, ne peut manifester son accord. C’est un peu la même chose pour les banques de sperme, me direz-vous. Une femme choisit le profil psychologique et physique désiré et, voilà, elle aura l’enfant souhaité, sans la nécessité de l’acte physique et en l’absence d’un père. Est-ce un choix éthique ? Est-ce souhaitable ? Est-ce un bénéfice pour la société, pour l’enfant ? Où l’évolution nous entraîne-t-elle ? Depuis deux décennies, le concept même de la famille, les valeurs qu’elle doit transmettre et desquelles elle est la gardienne ont tellement changé qu’elles nous obligent à nous adapter rapidement. Trop rapidement. Qu’est-ce qu’une bonne famille en 2007 ? Ceux et celles qui s’aiment, quelle que soit leur orientation sexuelle ? Ceux qui ont de l’amour à donner ? Quand on sait que pour plusieurs, l’amour ne dure que le temps des roses... Je suis perplexe. Qu’en est-il des droits de l’enfant ? Les prend-on pour des cobayes, des poupées, des toutous qui donnent de l’amour et acceptent notre trop plein d’émotions ? Est-ce que nous les protégeons de nos désirs incongrus ou s’ils ne sont qu’une réponse immédiate à nos maux de solitude, de peine, d’angoisse ? Oui, un enfant, ça nous décroche un rêve, mais ça peut aussi virer au cauchemar. * « L’achat d’ovules sur Internet, un commerce florissant », Canoë, le 16 février 2007 Mis en ligne sur Sisyphe, le 20 février 2007 Commenter ce texte Imprimer Nous suivre sur Twitter Facebook |
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Michèle Bourgon L’auteure a été professeure de français au niveau secondaire pendant 13 ans et est professeure de littérature française au niveau collégial depuis 1990. Elle a prononcé de nombreuses conférences sur des sujets littéraires partout au Québec et elle travaille à plusieurs projets d’écriture. Elle a publié Contes de Noël, qui lui a valu un prix littéraire, et des articles dans Brèves littéraires (Laval, 1999) et Nouvelles Fraîches (Montréal, 1991). Elle a participé à la création de l’émission pour enfants, « Charamoule », à Radio-Canada (1988-1989), sous la direction de Pierre Duceppe. |
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Plan-Liens Forum (1/6) 19 avril 2007 , par Michèle Bourgon (2/6) 26 février 2007 , par casimir rép:
Loïse Lavallée
(3/6) 23 février 2007 , par Internaute (4/6) 22 février 2007 , par Internaute (5/6) 22 février 2007 , par Dano (6/6) 21 février 2007 , par Loïse Lavallée |
Comme le dit Casimir, la nature a effectivement bon dos, et nous sommes des créatures qui nous arrangeons fort aisément de notre conscience. C’est pourquoi, avec l’avancement de la technologie, je disais plus bas qu’il était impérieux de revoir notre éthique sociale. Est-il plus scandaleux de garder en vie des êtres déshumanisés et souffrant de manière inacceptable, ou de créer du prêt-à-porter de la vie, en prenant ce qui fait notre affaire ? Les deux devraient profondément nous déranger. Et c’est là que les intervention de la mère Michèle sont intéressantes, parce qu’elles nous forcent à nous poser les vrais questions.
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