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lundi 29 décembre 2008 S’indigner au lieu de se résigner devant le fondamentalisme islamiste
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À croire que le relativisme culturel et religieux contamine la population canadienne et la population québécoise à une vitesse fulgurante. À croire que n’importe qui peut dire et exiger n’importe quoi, et trouver grâce auprès des organismes officiels de défense des droits. N’importe qui, à la condition de faire partie d’une minorité religieuse, et en particulier de la minorité des islamistes qui répand son fiel et son suprématisme contre tout ce qui lui déplaît, profitant allègrement de la mollesse ambiante et du discours sur l’après-11-septembre contre l’islamophobie. Comme s’il n’existait pas d’islamophobie avant le 11 septembre 2001 ! Comme s’il n’y avait du racisme qu’envers les musulmans et les musulmanes ! Comme s’il fallait s’incliner devant les intégristes islamistes de peur de nuire à l’ensemble des musulmans ! Comme si la pire, la plus tenace et la plus universelle forme de racisme n’était pas celle qui se pratique contre les femmes, toutes religions et ethnies confondues : le sexisme ! Assez de cet aplaventrisme que l’on retrouve aussi chez des groupes dits féministes (la Fédération des femmes du Québec, notamment), chez des chercheuses dites féministes (Christine Delphy, entre autres), chez des activistes supposément pro-féministes qui se répandent dans Internet en traitant à tout bout de champ les autres de racistes (Martin Dufresne, par exemple). Assez de cet aplaventrisme qu’on retrouve jusqu’au sein d’organismes comme la Commission des droits de la personne et de la jeunesse du Québec, la Commission canadienne des droits de la personne et l’ONU. (1) Deux exemples récents ont fait monter mon indignation de plusieurs crans. Premièrement, l’adoption le 24 novembre dernier d’une résolution islamiste intégriste par une commission de l’ONU. Se qualifiant contre "le dénigrement des religions", cette résolution vise en réalité à empêcher toute critique de l’islam. Deuxièmement, les arguments invoqués récemment par la Commission canadienne des droits de la personne pour rejeter une plainte contre un imam montréalais diffusant dans Internet haine et mépris contre les homosexuels, les lesbiennes, les femmes non musulmanes, les femmes occidentales et les juifs. La résolution islamiste de l’ONU (2) D’abord, brièvement, la résolution fondamentaliste de l’ONU (on pourra y revenir dans des articles ultérieurs pour évaluer plus en détail ses conséquences pour les femmes). Sous l’influence de ses membres islamistes, une commission du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU a adopté, le 24 novembre dernier, une résolution présumément destinée « à empêcher, y compris par la loi, le dénigrement des religions, et affirme que l’islam est souvent et faussement associé aux violations des droits de l’Homme et au terrorisme. » (3) Risible de prétendre que l’islam est faussement associé aux violations des droits quand on sait comment, au nom de l’islam, les droits des femmes sont violés et réprimés régulièrement par l’emprisonnement, la torture et même la lapidation de celles qui les revendiquent. À moins que l’ONU considère que les droits des femmes ne font pas partie des « droits de l’Homme ». Le seul exemple de groupes religieux victimes de discrimination que cette résolution cite à quelques reprises est le groupe musulman. Une bonne indication de qui a initié la résolution controversée et en bénéficiera. La commission de l’ONU dit « note[r] avec une vive inquiétude que la campagne globale de dénigrement des religions et l’incitation à la haine religieuse en général, notamment la discrimination ethnique et religieuse à l’égard des minorités musulmanes, se sont intensifiées depuis les événements tragiques du 11 septembre 2001 ». Argument réducteur qui sert à justifier la tolérance envers l’intégrisme islamiste depuis plus de 7 ans. Ceux et celles qui encouragent le racisme et l’islamophobie sont clairement ces intégristes et ceux qui les soutiennent de leur bienveillante tolérance. L’ONG UN Watch (4) a condamné l’adoption de cette résolution. « C’est la dernière salve d’une série de résolutions de l’ONU qui cherchent dangereusement à introduire les interdits islamiques contre le blasphème dans le vocabulaire du droit international », a déclaré son directeur, Hillel Neuer, dans un communiqué. « Les droits de l’Homme ont été conçus pour protéger les individus, pour garantir à chaque personne la liberté d’expression et la liberté de culte, mais certainement pas pour protéger quelque croyance que ce soit, religion comprise », a-t-il ajouté (5). Le Vatican n’a pas été le seul à s’opposer à cette résolution, comme l’activiste nommé précédemment l’a laissé entendre dans les listes de discussions. Les pays occidentaux, qui y voient une tentative de limiter la liberté d’expression, ont tous voté contre. Les pays musulmans, ainsi que la Chine, Cuba et la Russie, ont voté pour. Ce sont les pays qui respectent le moins les droits et libertés de leurs citoyens et citoyennes, notamment la liberté de religion, qui ont fait adopter cette résolution contre « le dénigrement des religions ».* L’Assemblée générale de l’ONU, où siègent les 192 États membres, l’adoptera à son tour plus tard. Cette résolution n’est pas contraignante pour le moment, mais elle finira par le devenir sous les pressions. Son seul poids moral cautionne les pouvoirs fondamentalistes qui n’acceptent aucune critique sur la violation des droits à laquelle ils se livrent. La Commission canadienne de la justification des abus des minorités religieuses Toutefois, ce qui m’a indignée au point de faire sauter le couvercle de la marmite, ce sont les arguments invoqués par la Commission canadienne des droits de la personne (6) pour refuser une plainte contre un imam islamiste montréalais qui diffuse dans Internet un livre contenant des propos attaquant des groupes ciblés. Voici comment Le Devoir rapporte les propos de l’imam : « L’Islam ou l’intégrisme ? [le livre en question] cible, entre autres, les homosexuels et les lesbiennes. Selon la volonté du prophète, les homosexuels pris dans l’acte de sodomie méritent qu’on leur "coupe la tête", écrit l’imam Al-Hayiti. Au sujet des homosexuels et des lesbiennes, il affirme encore : "Qu’Allah les maudisse et les anéantisse dans cette vie et dans l’autre". » « Accusés de semer ’le désordre’ sur Terre, la plupart des juifs "ne recherchent que les intérêts matériaux et l’argent", écrit par ailleurs l’imam Al-Hayiti. Les femmes non musulmanes sont des ’mécréantes’ qui ont été séduites par « le discours enfantin, naïf et simpliste du féminisme. Inutile de parler des conséquences de cette impudeur ; les viols, les maladies vénériennes, le sida, l’herpès, les familles monoparentales, la délinquance, la pauvreté, l’ignorance et tant d’autres », explique l’imam. « Les ’mécréants’ vivent enfin comme des bêtes, et ils sont inférieurs aux musulmans, peut-on lire dans L’Islam ou l’intégrisme ? L’Occident tout entier a été noyé dans "la perversité, dans la corruption et l’adultère" par le christianisme, une religion ’de mensonge’. » Marc Lebuis, éditeur de "Point de bascule" (6), a déposé une plainte contre Al-Hayiti pour propagande haineuse dans Internet, en vertu de l’article 13 de la Loi canadienne sur les droits de la personne. Selon lui, « l’imam expose à la haine, au ridicule et au mépris le peuple québécois, les homosexuels, les femmes et les juifs avec ses écrits remarquablement suprématistes, machistes et misogynes ». (7) La Commission canadienne des droits de la personne a attendu huit mois avant d’aviser M. Lebuis qu’elle refusait d’enquêter sur sa plainte. Et voici comment elle justifie sa décision : « La majorité des références dans L’Islam ou l’intégrisme ? concernent les infidèles, les mécréantes ou les femmes de l’Occident, dit la CCDP. Il s’agit de catégories de personnes très générales et diversifiées » qui ne constituent pas « un groupe identifiable » au sens de la loi. La Commission reconnaît toutefois que certains passages des écrits de M. Al-Hayiti visent des groupes identifiables tels que les homosexuels, les lesbiennes, les chrétiens, les juifs et les femmes non musulmanes. » Mais elle juge que ces passages « ne semblent pas promouvoir la haine ni le mépris ». Selon la loi et la jurisprudence au Canada, ajoute la Commission, le terme « haine » fait référence à « une malice extrême, une émotion qui n’admet chez la personne visée aucune qualité qui rachète ses défauts ». Le terme « mépris » est tout aussi extrême, et il comprend « les circonstances où une personne est regardée de haut et ses sentiments sont amoindris, dénigrés, non respectés ou défavorisés ». Ainsi, selon la CCDP, « les femmes occidentales » ne sont pas un groupe « identifiable », mais « les juifs, les femmes non musulmanes, les lesbiennes et les homosexuels » le sont. Toutefois, les propos rapportés contre ces groupes ne lui « semblent pas » inciter au mépris ni à la haine. Ils n’incitent certainement pas au respect, ni à la tolérance, ni à la bonne entente. La taille du groupe attaqué détermine-t-elle le caractère « identifiable » ? Faisons un petit exercice, remplaçons « lesbiennes, homosexuels, femmes non musulmanes et juifs » par d’autres groupes, pour voir si, de l’avis général, les sentiments de ces groupes ne seraient pas « amoindris, dénigrés, non respectés ou défavorisés ». Supposons qu’une écrivaine chrétienne ou juive – plus précisément l’une de ces "mécréantes" féministes - publie un livre dans lequel elle affirme : « Les musulmans (au lieu de juifs) ne cherchent qu’à semer le désordre sur la Terre. La plupart des hommes musulmans (au lieu de femmes non musulmanes ou de femmes occidentales) cherchent à satisfaire leurs intérêts personnels et politiques sous le couvert de motifs religieux, et ils semblent des obsédés du sexe, d’où les règles strictes qu’ils n’appliquent qu’aux femmes. Les hétérosexuels (au lieu des homosexuels et des lesbiennes) vivent « comme des bêtes » qui violent et violentent autrement les femmes parce qu’ils ont été contaminés depuis des millénaires par le discours patriarcal hétérosexiste (au lieu du discours chrétien) qui les a convaincus que les individus de sexe féminin leur appartenaient comme n’importe quel bien terrestre. » (Fin de la citation fictive). JAMAIS on n’accepterait de tels propos et la CCDP jugerait avec raison qu’il s’agit de propagande haineuse et de propos méprisants contre des « groupes identifiables » et susceptibles de leur nuire. On brandirait le spectre de l’islamophobie. Alors pourquoi faut-il accepter le mépris et la haine quand ils sont répandus par des religieux islamistes ? Parce qu’au Québec et au Canada, nous manquons de colonne vertébrale, nous avons peur des confrontations nécessaires à la défense des droits et des valeurs. Nous avons peur d’être rejeté-es et, à ce titre, nous sommes prêts-es à tout accepter et à tendre l’autre joue pour nous faire aimer. Notre passé de colonisé-es nous a laissé-es un complexe de culpabilité que nous essayons de camoufler sous une fausse tolérance. Nous nous sentons coupables de tout, même des actes commis par ceux qui nous agressent ou nous rejettent, et ce ne sont pas les savants Bouchard et Taylor qui ont cherché à nous déculpabiliser, loin de là. Quand on pense que, dans des listes de discussions féministes, il n’est pas possible de s’exprimer clairement ni de s’adresser directement aux participant-es concerné-es sans risquer de se faire dire qu’on « personnalise les échanges ». On peut à peine nommer la personne à qui on s’adresse. On voit des attaques imaginaires au détour de chaque phrase qui ne correspond pas à la tendance lénifiante admise. Les réactions de certains groupes féministes - par ex. la FFQ se disant "enthousiaste et impatiente" devant le rapport Bouchard-Taylor qu’elle n’avait pas encore lu, et qui n’a pas fini de s’aplatir devant le fondamentalisme religieux - et l’absence de réactions de la majorité des groupes de femmes lors de la publication du rapport Bouchard-Taylor, qui a ignoré l’opinion de la majorité des femmes et des hommes entendus lors des audiences, sont révélatrices du genre de féminisme qui se pratique maintenant au Québec. Je ne veux pas de ce féminisme à plat ventre, pas plus que de l’hypocrite discours d’ouverture d’une certaine gauche qui se montre réactionnaire en voulant ramener le pouvoir religieux au coeur des sociétés civiles et qui soutient le fondamentalisme islamiste. Je ne veux pas non plus des courbettes des commissaires Bouchard et Taylor devant ces pouvoirs religieux. Je n’ai pas passé ma vie à défendre les droits des femmes et ceux d’autres groupes discriminés pour tolérer aujourd’hui ce féminisme de salon, qui se replie parce qu’il a peur, et ce relativisme de circonstance qui n’est rien de moins que du racisme déguisé. Beau gâchis de l’héritage que nous ont laissé celles qui, avec bien moins de moyens que nous, se sont tenues debout ! Elles qui savaient s’indigner au lieu de se résigner ! * On ne peut prétendre en effet respecter la liberté de religion quand on tue au nom des préceptes religieux qu’on veut imposer à tous et toutes. Notes 1. Désormais, je nommerai les personnes et les groupes qui, à mes yeux, font preuve de racisme déguisé en se cachant derrière le relativisme culturel et religieux, la soi-disant tolérance et en se taisant sur la violation des droits humains - des femmes comme des hommes - par des islamistes radicaux et autres fondamentalistes religieux (je n’aurai pas à souligner leur silence face au fondamentalisme catholique, ils sont généralement volubiles sur le sujet. Cela leur permet de détourner l’attention de la complaisance dont ils font preuve à l’égard du fondamentalisme islamiste). Mis en ligne sur Sisyphe, le 18 décembre 2008
Lecture recommandée Diane Guilbault, Démocratie et égalité des sexes, Éditions Sisyphe, 2008, 139 pages. Demandez à votre libraire de vous commander ce livre en lui donnant nos coordonnées : sisyphe2@globetrotter.net ou 514-374-5846. Un point de vue féministe sur les accommodements pour motifs religieux qui menacent la démocratie et les droits des femmes. Plus de renseignement sur le livre à cette page. Commenter ce texte Imprimer Nous suivre sur Twitter Facebook |
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Micheline Carrier Micheline Carrier est éditrice du site Sisyphe.org et des éditions Sisyphe avec Élaine Audet. |
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Micheline Carrier
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Quand on réclame l’égalité de droits, il est inadmissible qu’on la réclame seulement pour certaines femmes. Par exemple, si on réclame que les femmes puissent circuler librement, faire des choix libres de toute influence contraignante, y compris l’influence des religions, on ne peut admettre que des hommes imposent aux femmes de se cacher les cheveux ou le visage au nom de soi-disant principes religieux. En vertu du droit d’occuper l’espace public, on ne peut accepter que des femmes soient tenues à l’écart dans cet espace, du seul fait qu’elles soient des femmes et que ça dérange des hommes (religieux ou non) de voir des femmes à leur côté. On ne peut accepter que des hommes imposent à des institutions d’avoir affaire seulement à des hommes parce que leur religion leur interdirait de transiger avec des femmes. Si de telles religions existent, elles sont profondément misogynes et méritent d’être dénoncées, non pas d’être respectées, dans des sociétés démocratiques. Si les Québécoises "de souche" ont le droit de choisir leur profession, de ne pas être contraintes par des principes religieux, de se promener librement, de se vêtir comme elles veulent, d’être protégées de la violence, pourquoi TOUTES les femmes québécoises n’auraient-elles pas les mêmes droits ? C’est du "racisme déguisé" de nier ces droits à certaines femmes en invoquant leur religion et en faisant le jeu des fondamentalistes. Nous n’accepterions plus au Québec que l’Église catholique dicte le comportement et les droits des femmes - du moins, si elle le fait encore dans certains domaines (contraception, avortement), nous la dénonçons. Alors, pourquoi ne dénonçons-nous pas aussi les islamistes qui veulent dicter le comportement des femmes et limiter leurs droits ? Se taire devant cette discrimination, c’est faire preuve d’un "racisme déguisé" : la liberté est bonne pour nous, pas pour les autres. Qu’elles se débrouillent. "Déguisé" parce qu’on invoque toutes sortes de prétextes pour justifier les deux poids, deux mesures. Souvent, c’est le respect de la liberté religieuse qu’on invoque. La liberté des islamistes fondamentalistes, dans ce cas. Comme s’il pouvait être question de liberté quand une religion ou une secte religieuse impose des codes sexistes qui limitent les droits et libertés des personnes, la plupart du temps, ceux des femmes. Dans un message sous cet article, une correspondante souligne qu’on crierait au racisme si on imposait la burqa ou autre symbole à l’ensemble de la communauté noire, par exemple, parce qu’elle est noire. Mais on réagit assez peu quand c’est aux femmes qu’on impose cet enfermement, dans plusieurs pays du monde (et il y en a aussi au Québec). Comme dit cette correspondante, c’est qu’on n’a pas encore reconnu que le sexisme est une forme de racisme. Ce sont des hommes qui définissent ce qui est raciste, ce qui est acceptable ou non. Mais il n’est pas nécessaire que des féministes plient l’échine devant leurs diktats. Et c’est pourtant ce que plusieurs font. Entendez-vous beaucoup de féministes québécoises dénoncer les excès de l’islamisme à l’égard des femmes ? Mais elles dénoncent les excès ou les tentatives de reprise d’influence de la part des religions chrétiennes (le catholicisme, notamment). Ce n’est pas sérieux : on ne peut pas être féministe de temps en temps, quand ça nous arrange (ou plutôt quand ça ne nous dérange pas trop ou qu’on ne court pas trop de risques.)
Je viens d’avoir cette idée : Et si les féministes avaient peur de réussir ? C’est ce que l’on appelle l’impuissance acquise. Elles paniquent devant la perspective de réussir enfin quelque chose de façon définitive, réussite qui amènerait comme un changement d’état, comment allaient-elles se comporter dans un monde où le sexisme est interdit ? C’est trop paniquant, vaut mieux se saboter et continuer d’éteindre les feux de foyer, quitte à y gaspiller ses énergies.
Certaines ont peur de faire peur et l’antiféminisme qui sévit depuis plusieurs années usent les meilleures énergies et le courage. C’est difficile de toujours se battre pour ce qui devrait être acquis dans une société qui ne fait que discourir sur l’égalité. Dans le cas de la menace du fondamentalisme religieux, plusieurs ne voient tout simplement pas la menace, elles croient que tout se résume à une question de liberté de religion. Ce que je reprocherais aux groupes féministes organisés c’est d’accorder moins d’importance à la liberté des femmes d’autres cultures. Elles prétendent le contraire, en réalité, elles se rabattent sur la liberté individuelle. Mais collectivement ces femmes n’ont pas les mêmes droits que les autres femmes parce que leurs communautés et leurs religions les briment, et les féministes ne veulent pas en parler. La même chose pour les femmes arrêtées dans d’autres pays parce qu’elles défendent leurs droits. Avez-vous déjà vu des organisations féministes québécoises, comme la Fédération des femmes, qui est la plus grande, faire une manifestation pour protester contre la discrimination et la violence dont ces femmes sont victimes dans leurs pays ? Par contre, la FFQ et d’autres sont toujours dans les manifestations contre la guerre, contre le racisme, la discrimination contre les "gays". C’est plus "glamour" et surtout il y a moins de risques de participer à ces manifestations que de dénoncer les pouvoirs religieux (islamistes dans bien des cas) qui oppriment les femmes dans le monde, les emprisonnent, les torturent et parfois les assassinent (les lapident, par exemple). Il y a une censure sur cela au sein du mouvement des femmes, je crois. En réalité, les féministes québécoises ont peur des fondamentalistes et de leur extrémisme. Comme elles sont rendues à craindre tellement les masculinistes et leurs poursuites qu’elles se replient sur elles-mêmes au lieu de riposter à leur propagande haineuse et mensongère. C’est assez décourageant parfois.
Les hommes ont beaucoup de privilèges, mais ils se battent pour (oui, oui, ils manipulent aussi, énormément). Les soldats prenaient un coup avant d’aller sur les champs de bataille (je ne sais pas si ça se fait encore). Quelque part, c’est "normal" (dans le sens que c’est comme ça depuis le début de l’humanité) que les gens s’opposent et en viennent aux poings. Mais pourquoi les femmes se cachent-elles au lieu de riposter — interdit de se cacher derrière l’argument qui veut que ce soit parce qu’elles sont plus intelligentes ! Je trouve qu’en agissant comme elles le font, i.e. en manquant de courage, les féministes se conforment au stéréotype de la femme qui, apeurée, se met à crier et court se cacher. (J’entends déjà certaines parler du comportement des jeunes hommes à Polytechnique, mais ce ne sont pas eux qui étaient visés.) L’égalité, ça doit s’assumer.
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