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mercredi 1er février 2012 Printemps arabe - Les Syriennes montent au front
Communiqué de la formation de l’unité Khawla Bint Al-Azwar pour les femmes à Deraa, province du Hauran, le 25 janvier 2012. Vêtues de noir, le visage masqué et la Kalachnikov à la main, six femmes se présentent devant la caméra dans une posture guerrière. Originaires de Deraa, une ville de la province du Hauran située au sud-ouest de la Syrie, elles ont annoncé mercredi 25 janvier la formation de leur unité. L’unité Khawla Bint Al-Azwar, du nom d’une combattante des premiers temps de l’ère islamique. La première unité féminine à rejoindre l’Armée syrienne libre, composée des déserteurs des forces de sécurité syriennes qui protègent les manifestants et mènent la lutte armée contre le régime de Bachar Al-Assad. L’image peut faire sourire. Et pourtant, le rôle des femmes dans la révolte qui fait rage en Syrie depuis le 15 mars 2011 n’est plus à démontrer. Et ce, même si elles sont moins visibles que les manifestantes des révoltes tunisienne, égyptienne ou même yéménite. Pour éviter les arrestations, les tortures et les viols, elles sont souvent cantonnées à l’arrière : à organiser les manifestations, s’occuper des blessés, préparer les banderoles et les drapeaux (en vidéo). Elles forment des cercles de solidarité pour collecter de l’argent, des kits médicaux, de la nourriture et d’autres biens pour les familles victimes de la répression. Certaines organisent de petites manifestations chez elles, qu’elles diffusent sur la Toile pour exprimer leur pleine solidarité au mouvement (en vidéo). D’autres vont au devant des observateurs de la Ligue arabe pour les intimer à venir à la rencontre des habitants. Militantes, épouses, mères, sœurs, connues ou anonymes, elles sont de plus en plus nombreuses à participer au soulèvement, note Rima Allaf, chercheur à la Chatham House à Londres, sur le site Bitterlemons. De toute manière, poursuit-elle, "la répression meurtrière ne fait aucune distinction entre femmes et hommes, enfants et adultes. Il y a égalité dans l’oppression comme dans la souffrance". Les Syriens gardent en mémoire ces trois femmes abattues froidement début mai 2011 à Banias. Des manifestations avaient été organisées en leur mémoire et celle des femmes victimes de la répression.
Mis en ligne sur Sisyphe, le 1 février 2012 ![]() © Sisyphe 2002-2011 | ||||
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