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lundi 1er février 2010 Lettre à Patric Jean, réalisateur de "La domination masculine", et à bien d’autres... Julie Chateauvert, Blandine Juchs, Valérie Perron, Sophie Le Phat-Ho, Béatrice Chateauvert-Gagnon, Karine Rosso, Catherine St-Arnaud Babin, Louise-Caroline Bergeron, Annie Jubinville
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Plan-Liens Forum (1/4) 3 février 2010 , par Murie (2/4) 2 février 2010 , par sporenda rép:
martin dufresne
(3/4) 1er février 2010 , par Martin Dufresne rép:
martin dufresne
(4/4) 29 janvier 2010 , par France |
La réponse de Patric me laisse un peu sur ma faim, comme la paraphrase qu’en fait "sporenda". Est-ce que ce n’est pas un peu court de prendre comme référence les "machos traditionnels" ou "l’homme jeune d’un quartier populaire, au chômage, né avec la mauvaise couleur de peau", comme exemples d’hommes qui n’auraient rien à gagner à être solidaires des femmes en lutte. Mais qu’en est-il de Patric lui-même, de Francis, Yannick, moi et tous nous "autres" ? Et d’autres hommes progressistes, syndiqués par exemple, ou de gauche et en quête de luttes à remporter à plusieurs, d’espaces non oppresseurs ? Il me semble que c’est à *nous* que s’adresse la lettre ouverte des femmes et que c’est éluder son interpellation que d’y répondre en se posant en simples observateurs objectifs d’une situation concrète et ne pas assumer notre propre passion pour le changement espéré, contre la virilité honnie, bref ce pourquoi on est là, si "rares" soit-on encore. Surtout quand on en fait autant que Patric. Et encore là je me demande de + en + s’il n’y a pas dans ce sentiment de rareté une illusion. Les hommes du peuple sont-ils si machistes ? La violence contre les femmes, par exemple, n’est-elle pas autant, sinon plus, légitimée par les BoBo et soi-disant progressistes que par les hommes du peuple ?... Il y aurait plus à dire sur d’autres dimensions de la Lettre ouverte des femmes mais pour le moment, je clique et envoie.
Pour prendre le problème d’un autre angle, qu’est-ce qui explique l’antiracisme des Blancs qui ont lutté contre lui ? Dans une lettre splendide, Alice Walker parle de l’influence qu’a eue Howard Zinn dans sa vie en l’encourageant et en la défendant contre le racisme et le sexisme il y a 50 ans à Boston. http://www.boston.com/ae/books/arti...
Mais Patric Jean est du côté des féministes. Relisez cet article : les auteures commentent le cliché largement répandu que les hommes n’ont rien à gagner, que des privilèges à perdre, de travailler sur eux-mêmes et de collaborer en pratique à l’égalité. Elles ne remettent pas en question tout le travail du réalisateur, qui prend une position féministe en révélant dans un film les intentions masculinistes. Au contraire, elles le remercient d’avoir fait ce film pour éveiller les gens. Seulement, Patric Jean, comme de nombreuses personnes, ont intégré ce mythe que l’homme n’a rien à gagner à abandonner ses privilièges indus. Elles estiment que c’est une forme de résistance passive inconsciente. Elles prennent le prétexte du film pour dire aux hommes qu’ils ont un travail à faire sur eux-mêmes. C’est du moins ce que je comprends. C’est un film à voir absolument.
Je l’ai bien compris comme cela aussi. Patric Jean est pro-féministe engagé, pas de problème là-dessus.
Bien sûr que Patric est pro-féministe, et son film fait un splendide travail en ce sens. La question est plutôt dans une limite interpellée, semblable à celle qu’a abordée léo thiers-vidal dans sa "Leçon de thèse", Nouvelles Questions Féministes (2007), Vol. 27, No 1 : "De “L’Ennemi Principal” aux principaux ennemis : Position vécue, subjectivité et conscience masculines de domination". Dans cette thèse, qu’il a eu la gentillesse de m’envoyer et dont nous sommes beaucoup à espérer la publication, léo met le doigt sur non seulement le fait et la conscience de dominer les femmes - y compris chez les hommes proféministes - mais sur notre identification résiduelle à la "chance d’être un homme," qu’il a documentée par un patient processus d’entrevues avec des hommes aux positions politiques et pratiques variées. Il me semble que cette question demeure inexplorée - sauf par John Stoltenberg (Refusing to Be a Man, 1989) - et est peut-être, en effet, une façon d’exhumer et dépasser ce sentiment de "rien à gagner" à la lutte. Jena Christine Garren, une jeune anarcha-féministe états-unienne, interpelle les hommes soi-disant féministes de façons semblables sur sa page Facebook :
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